et ce magnifique poème de Fernando Pessoa
Bureau de tabac
Je ne suis rien
Jamais je ne serai rien.
Je ne puis vouloir être rien.
Cela dit, je porte en moi tous les rêves du monde.
Fenêtres de ma chambre,
de ma chambre dans la fourmilière humaine unité ...
Certaines personnes partagent un peu de notre chemin
"La vie est ainsi faite : Certaines personnes partagent un peu de notre chemin puis s'en vont sur le leur.
D'autres nous suivent du début à la fin. Bien peu en fait.
Je reste persuadée que chaque ...
Jules Supervielle, Les Amis inconnus
Homme égaré dans les siècles,
Ne trouveras-tu jamais un contemporain ?
Et celui-là qui s’avance derrière de hauts cactus
Il n’a pas l’âge de ton sang ...
monde n'existe que dans les questions qu'on lui pose
Ce livre de Vincent Delecroix se lit rapidement mais pose les questions essentielles
Et l'absence non seulement de générosité, mais de toute qualification morale, l'absence criante des fondements rudimentaires ...
Parlons d'amour, donc. Vous écrivez: «Certaines femmes sont des trappes où l'on tombe. Parfois, de ces pièges, on ne veut plus sortir.» Pourquoi
ne «veut» -on plus en sortir?
E.-E.S. L'amour est
la fréquentation assidue d'un mystère. Ce n'est pas satisfaisant (puisque ce ...
I don't believe in an interventionist God
But I know darling that you do
But if I did I would kneel down and ask Him
Not to intervene when it came to you
Not to touch your hair on your head
But to leave you as you are
And if He ...
"l'outrance et l'intempérance de la parole aboutissent toujours à rabaisser ce que
l'on voudrait exalter. La sobriété n'exclut pas la chaleur. La véritable intimité n'est ni sèche, ni froide. Il y a une louange merveilleuse dans le SILENCE AIMANT. Louer quelqu'un en effet, c'est
lui faire ...
Autumn leaves under frozen souls,
Hungry hands turing soft and old,
My hero crying as we stood out their in the cold,
Like these autumn leaves I dont have nothing to hold.
Handsome smiles wearing handsome shoes,
Too young to say, though I swear he knew,
And i hear him singing while ...
« Il est des heures rares
où toute apparence alentour vacille s’humilie s’efface
comme les tentures
mûres
fermant la scène, l’acte fini, dans la cohue.
Les sens sont engourdis, la minute en soi se complaît ;
et dans nos yeux vaguement étourdis
sans cause un sourire ...
LX
Ce que j'ai voulu, je l'ignore. Un train
file dans le soir : je ne suis ni dedans
ni dehors. Tout se passe comme si si
je logeais dans une ombre
que la nuit roule comme un drap
et jette au pied du talus. Au matin,
dégager le ...
Quel est l'espace des hommes ? Est-ce pour toujours la terre, le ras du sol? Ou pour une fois une rive inconnue, imprévue, risquée ? Un coin de ciel que secouent les nuages, une ligne d'horizon qui
renaît quand ça bascule, une haute forêt où s'accrocher aux branches en criant, en chantant, ...
Et tu finis par ranger le livre, là-haut,
à sa place exacte, ce petit creux d'ombre et d'oubli
comme le coin de terre qui te revient.
Tu reviens toi aussi
à ta place, devant la fenêtre, la table,
ce carré de neige que nul encore n'a forcé
et qui ...
Homme égaré dans les siècles,
Ne trouveras-tu jamais un contemporain ?
Et celui-là qui s’avance derrière de hauts cactus
Il n’a pas l’âge de ton sang qui dévale de ses montagnes,
Il ne te connaît pas les rivières où se trempe ton regard
Et comment savoir le chiffre de sa tête ...
il y a si longtemps que j'essaie
de toucher la nuit les fronces légères
que fait l'eau dans le silence —
toucher dans le corps frileux, froissé
le souffle de Dieu sur les eaux
cette chose qui éclaire mes images
et parfois de si loin les déchire
les ...
Non, la durée était un sentiment
le plus fugitif de tous,
plus rapide souvent qu’un instant
imprévisible, ingouvernable, insaisissable, immensurable.
Et pourtant, grâce à elle,
j’aurais pu, quel qu’ait été l’adversaire, lui rire à la figure, le ...
Et un sourire
La nuit n'est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l'affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il ya toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à ...
Un oiseau s'envole,
II rejette les nues comme un voile inutile,
II n'a jamais craint la lumière,
Enfermé dans son vol
II n'a jamais eu d'ombre.
Coquilles des moissons brisées par le soleil.
Toutes les feuilles dans les bois disent oui,
Elles ne savent dire ...
Pour qu'il lui soït règle d'or pur
Pour que sa gorge bouge douce
Sous la chaleur tirant la chair
Vers une caresse infinie
Pour qu'elle soit comme une plaine
Nue et visible de partout
Pour qu'elle soit comme une pluie Miraculeuse sans nuage
Comme une pluie entre deux feux
Comme une ...
Où faut-il qu'on aille
Pour changer de paille
Si l'on est le feu
A moins qu'il ne faille
Si l'on est la paille
Fuir avec le feu
La paille est si tendre
Mais vouloir l'étendre
Etendra le feu
Qu'on tente ...
J'ai rêvé tellement fort de toi,
J'ai tellement marché, tellement parlé,
Tellement aimé ton ombre,
Qu'il ne me reste plus rien de toi.
Il me reste d'être l'ombre parmi les ombres
D'être cent fois plus ombre que l'ombre
D'être l'ombre qui ...
LA PLUIE
La pluie et moi marchions
Bons camarades
Elle courait devant et derrière moi
Et je serrais notre trésor dans mon cœur
Elle chantait pour nous cacher
Elle chantait pour endormir mon coeur ...
Ils jouaient dans la classe
avec les mots et les images.
Ils apprivoisaient
peu à peu le langage.
Ils faisaient des charades
des rébus des comptines
des bouts-rimés des acrostiches
et des calligrammes.
Ils dessinaient tout un bestiaire ...
Il avait le coeur sur la main
Et la cervelle dans la lune
C'était un bon copain
Il avait l'estomac dans les talons
Et les yeux dans nos yeux
C'était un triste copain
Il avait la tête à ...
enfant moi seule
me donnais la réplique
fleurissais la parole
de commencements complices
confessais le silence
longs jeux patients
où s’ordonnait le monde
vers le temps à naître
d’autres vers le temps mort
d’un même instrument
pinçant ...
Nous avons fait la nuit je tiens ta main je veille
Je te soutiens de toutes mes forces
Je grave sur un roc l'étoile de tes forces
Sillons profonds où la bonté de ton corps germera
Je me répète ta voix cachée ta voix publique
Je ris encore de l'orgueilleuse
que tu traites comme une ...
II faut beaucoup de pénombre aux mains pour qu'elles perdent tout, la peau, la paume, les doigts, beaucoup de pénombre pour que le hasard mûrisse comme il a mûri déjà dans le corps des mères, et
bien plus loin encore dans la racine, beaucoup de pénombre à la rivière avant son ...
Depuis ma chambre
j'entends le jet d'eau.
Un doigt de la treille
un rais de soleil
désignent le lieu
où est mon coeur.
Sur la brise d'août
s'en vont les nuées.
Au coeur du jet d'eau, je rêve
que je suis éveillé.
Dans l'eau...
Dans l'eau du temps qui coule à petit bruit,
Dans l'air du temps qui souffle à petit vent,
Dans l'eau du temps qui parle à petit mots
Et sourdement touche l'herbe et le sable ;
Dans l'eau du temps qui traverse les marbres,
...
J'ai trois grands chevaux courant dans mon ciel.
J'ai un seul petit oiseau, petit, dans mon champ.
Trois chevaux de feu broutant les étoiles.
Un oiseau petit qui vit d'air du temps.
Trois chevaux perdus dans la galaxie.
Un petit oiseau qui ...
apparu disparu avec l'impétuosité du printemps
comme un corps nu dans la lumière éteinte
une étoile lyrique dans la nuit ensorcelée
tu me gratifias d'une esquisse de sourire
depuis je célèbre le tumulte intérieur
ma folie de femme lentement détruite
puis reconstruite ...
l'élan le souffle le silence
le rêve de l'âme l'instant d'éternité
l'ombre transfigurée de ma mort
ce qui en moi vainement te cherche
tout commence et meurt avec les racines
calcinées du soleil sur le monde
car de toi me vient une part de lumière ...
ainsi pour avancer sur la terre
nous suivons un rayon de lune
jusqu'aux heures à peine éveillées de l'aube
nous revenons pour partir encore
souviens-toi de la toute première rencontre
longeant des chemins infinis nous croyons
lire dans la terre à livre ouvert ...
j'entendrai le silence
avant le mot
m'abreuverai à sa bouche même
alors naissent les choses
les mots le monde
je dis : toujours dans le poème
j'entendrai le silence avant les mots
et tu réponds : s'il existe un dieu
c'est là qu'il habite
...
Redonnez-leur ce qui n'est plus présent en eux, Ils reverront le grain de la moisson s'enfermer dans
l'épî et s'agiter sur l'herbe. Apprenez-leur, de la chute à l'essor, les douze mois
de leur visage, Ils chériront le vide de leur cœur jusqu'au désir
suivant;
Car rien ne fait naufrage ...